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Concours d'idées Conforts 2050,

réadapter nos habitats au climat 

Equipe : Pauzon-Filliatre architectes (mandataire), SUO, Seconde Main pour le réemploi 

Maîtrise d'ouvrage : 3F 

Mission : Concours d'idées Conforts 2050, projet non-lauréat

Lieu : Le Houlme, Seine-Maritime 

Année : 2025

Habiter un logement ne se limite pas à son environnement urbain immédiat. Il s’inscrit dans une échelle plus large — celle du bassin versant, du climat, des ressources et des dynamiques locales — autrement dit dans sa biorégion. Comme le souligne Mathias Rollot, la biorégion désigne un milieu de vie « plus qu’humain », partagé et cohabité. Elle ne constitue pas un simple décor, mais un système vivant qui façonne l’expérience d’habiter et invite à repenser le confort au-delà des standards génériques.

La vallée du Cailly illustre cette relation étroite entre géographie et vivant. Inscrire Le Houlme dans une approche biorégionale revient à reconnaître son inscription dans un bassin versant structuré par les lignes de crête, où l’eau, les sols et le relief déterminent les usages. Son nom même, signifiant « prairie humide », témoigne de cet ancrage. La géologie renforce cette lecture : situé au pied du plateau crayeux du Pays de Caux, le territoire repose sur une craie perméable et fragile, entaillée par des vallées. En fond de vallée, les sols alluviaux humides et les remblais hétérogènes conditionnent l’urbanisation. Ainsi, relief et structure géologique définissent les potentialités d’aménagement autant que les manières d’habiter.

Dans un contexte de réchauffement climatique marqué par des étés plus chauds, des précipitations irrégulières et une pression accrue sur les nappes phréatiques, le confort ne peut plus être pensé comme une simple performance technique. Il doit s’ancrer dans les ressources locales. La culture du lin, fortement implantée en Seine-Maritime et liée à l’histoire textile de la vallée, incarne cette possibilité. Matériau biosourcé, il fournit fibres et isolants pour la construction tout en améliorant la qualité des sols, en limitant l’érosion et en favorisant la biodiversité. Son intégration dans le projet du Houlme relie matière, paysage et climat dans une logique cohérente.

Cette démarche suppose une approche systémique mobilisant l’ensemble des acteurs du territoire et valorisant les filières locales. Elle passe aussi par la restauration des sols, aujourd’hui largement imperméabilisés. Désimperméabiliser, réintroduire le végétal et structurer des continuités écologiques le long de la vallée permettent d’améliorer l’infiltration de l’eau, de réduire les îlots de chaleur et de renforcer la biodiversité.

Habiter ne signifie alors plus seulement occuper un bâti, mais participer à un système vivant, où le confort devient territorial, écologique et partagé.

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